Posturologue : Quel rôle ? Quand consulter ? - Actualités

Quel est le rôle du posturologue ?

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Qu’est-ce que la posturologie ?

La posturologie s’intéresse au système postural qui comprend les mécanismes musculo-articulaires et nerveux. Ces mécanismes sont impliqués dans l’équilibre, que ce soit en état statique ou mobile. La posturologie accompagne les personnes qui souhaitent retrouver un bon schéma moteur afin d’éviter les déséquilibres et asymétries qui entraînent des compensations physiques et causent des douleurs. 

La posturologie cherche à comprendre, à diagnostiquer et à traiter un ensemble de pathologies en tenant compte des interactions des différents systèmes qui composent l’individu. En effet, pour se tenir debout, l’être humain doit lutter contre la gravité et continuellement rechercher l’équilibre en sollicitant notamment ses forces musculaires. Pour conserver sa verticalité, il doit sans cesse adapter son corps à son environnement en fonction des signaux extérieurs reçus par ses capteurs neurosensoriels.

La posturologie s’appuie sur 6 capteurs neurosensoriels dont 3 capteurs céphaliques :

  • Capteurs oculaires (muscles oculomoteurs) et visuels (vision centrale et périphérique) ;
  • Capteurs mandibulaires, qui font partie intégrante d’un système complexe (stomatognatique) comprenant la sensibilité proprioceptive de la bouche, la déglutition et la ventilation ;
  • Capteurs vestibulaires (oreille interne) ;

et trois capteurs de support :

  • Capteurs podaux (plateforme neurosensorielle plantaire et cheville, position du pied) ;
  • Capteurs articulaires : proprioception (conscience du corps) ;
  • Capteurs cutanés.

La pathologie posturale (S.D.P.) provient du déséquilibre de l’un de ces capteurs comme par exemple une asymétrie mandibulaire ou oculaire ou encore une asymétrie des appuis plantaires. Lorsque cette dysfonction atteint un certain seuil, elle génère des flux d’informations pathogènes au niveau du Système Nerveux Central (S.N.C.). En retour, le S.N.C. entraîne des réflexes pathogènes d’asymétrie tonique à l’origine d’un déséquilibre de la posture et d’un désordre proprioceptif. En retour, on peut observer des troubles perceptifs comme les pseudo-scotomes ainsi que des perturbations du schéma moteur. La posturologie consiste donc à identifier le ou les facteurs en déséquilibre et à orienter les patients pour une prise en charge sur mesure auprès d’un ou plusieurs spécialistes.

Dans quel cas consulter un posturologue ?

Les motifs de consultation en posturologie sont nombreux. Ils se rapportent aussi bien au quotidien des patient dans leur travail, lors de séances de sport ou dans leurs activités de tous les jours :

  • Troubles de l’équilibre ;
  • Maux de dos, torticolis, scolioses mineures, douleurs sciatiques ;
  • Céphalées ;
  • Fatigue chronique ;
  • Dyslexie, dysgraphie ;
  • Vertiges.

La posturologie permet également d’évaluer l’équilibre de patients atteints :

  • De maladie de Parkinson ;
  • D’épilepsie ;
  • De problème à l’oreille interne, comme la maladie de Ménière par exemple ;
  • D’accident vasculaire cérébral ou de traumatisme crânien.

Les consultations ont lieu en cabinet, clinique ou centre de soins. Les posturologues sont plus nombreux à Paris, mais on en trouve dans toute la France souvent associés à un cabinet de kinésithérapie et ostéopathie. 

Que fait un posturologue ?

Le bilan postural

Le praticien formé à la posturologie émet un diagnostic mais ne prend pas en charge le traitement. Le bilan postural permet d’orienter le patient vers des spécialistes du secteur médical et paramédical.

Un bilan, réalisé grâce à une plateforme de stabilométrie, comprend plusieurs étapes :

  • L’anamnèse, c’est-à-dire la discussion avec le patient pour analyser sa problématique : habitudes, activités, motif(s) de consultation, présence d’altérations des récepteurs du système postural (système nerveux central, mouvements, émotions, viscérales, ORL…). Recherche des antécédents de traumatismes, en particulier chez le sportif et les personnes souffrant d’altérations osseuses comme l’arthrose ;
  • L’examen des particularités morphologiques en statique, en mouvement et sur tapis roulant ; 
  • L’évaluation de la posture de l’ensemble du corps débout sur les 3 plans de l’espace (horizontal, vertical, tangentiel) au niveau du rachis, des épaules, des jambes et des hanches. Le posturologue vérifie si les deux épaules sont à la même hauteur, que les hanches sont alignées, sans bascule ni rotation, que les jambes ne sont pas déviées (ni genoux en X, ni jambes arquées) et que les pieds reposent normalement sur le sol ;
  • La mesure des segments du corps (pieds, jambes, épaules, etc) à l’aide d’un fil de plomb ;
  • L’examen des pieds et prise des empreintes plantaires du patient ;
  • L’examen de l’alignement des vertèbres et test de la colonne vertébrale pour évaluer son adaptation au mouvement (dos rond, penché d’un côté et de l’autre). L’évaluation porte sur différents sols : dur ou mou (sur une plaque de mousse) et dans différentes situations (yeux ouverts ou fermés, debout puis couché, marche avant et arrière, variation de la fermeture des mâchoires) ;
  • L’examen de la bouche et de la mâchoire : dent(s) manquante(s), amalgames sur certaines dents, appareil orthodontique ?… Tous ces éléments peuvent provoquer un déséquilibre dans la bouche et, par répercussion, sur la posture ;
  • Le contrôle de la vue : suivre du regard un crayon placé d’abord à une quinzaine de centimètres du visage puis rapproché vers la racine du nez. Un œil est caché et l’autre regarde un point au loin devant, idem avec l’autre œil.

Des tests complémentaires peuvent être menés pour estimer de manière plus spécifique certains déséquilibres. Ils apportent davantage de précision et sont réalisés à l’aide de matériel et d’appareils très sensibles, pour dépister une anomalie posturale :  

  • Examen à la verticale de Barré. Cet examen sert à diagnostiquer un déséquilibre postural et à déterminer le profil postural du patient à l’aide de capteurs de déséquilibre. Ce test nécessite une plateforme de centrage, un laser sur trépied télescopique et un fil à plomb ;
  • Test de Maddox qui permet de dépister un asynchronisme visuel à l’aide d’un capteur ;
  • Test de Bassani sur tapis mousse qui oriente le diagnostic postural vers les capteurs mandibulaires et visuels ;  
  • Reconstruction de la colonne en trois dimensions grâce à une plateforme optique (système Formetric 4D) qui permet d’obtenir l’inclinaison du bassin et des épaules, ainsi que les angles de courbure du rachis ;
  • Test scapulaire qui évalue, à l’aide d’une table, l’équilibre tonique de la ceinture scapulaire (clavicules et omoplates vis-à-vis de la colonne vertébrale).

Orienter le patient vers un spécialiste adapté à son trouble postural

À l’issue du bilan, et après avoir déterminé la nature du problème, le posturologue oriente le patient vers le médecin généraliste ou le spécialiste le plus adapté (s’il ne l’est pas lui-même). Il peut proposer une prise en charge par :

  • Un pédicure-podologue qui pourra par exemple fabriquer des semelles orthopédiques ou des orthoplasties sur mesure ;
  • Un ophtalmologue pour une prescription de lunettes correctrices et/ou d’un bilan d’orthoptie ;
  • Un orthoptiste pour la rééducation des muscles des yeux (oculomoteurs) ;
  • Un médecin ORL ou un kinésithérapeute spécialisé dans la rééducation de l’oreille interne ;
  • Un médecin rhumatologue ou un chirurgien orthopédiste qui pourront éventuellement proposer une prothèse (hanche, genou, épaule…) ;
  • Un dentiste (chirurgien, stomatologue, orthodontiste) ;
  • Un ostéopathe ;
  • Un masseur-kinésithérapeute pour tout besoin de rééducation fonctionnelle.

Pour garantir la réussite d’un bilan postural et sa prise en charge thérapeutique, il est important que le diagnostic et le traitement soient réalisés par des équipes pluridisciplinaires : médecins spécialistes, orthoptistes, kinésithérapeutes et podologues.

Comment devenir posturologue ?

Pas de diplôme officiel de posturologie

Il n’existe pas de diplôme officiel et reconnu de posturologue. Donc n’importe qui peut s’équiper et se qualifier de posturologue. Néanmoins, l’interprétation des données recueillies lors d’un bilan postural réclame de solides compétences en santé, notamment en anatomie et en biologie humaine. Souvent les formations médicales comprennent un enseignement en posturologie. Par ailleurs, les spécialistes des secteurs médical et paramédical peuvent aussi choisir de suivre une formation pour compléter leurs outils de diagnostic dans leur discipline.

Le podologue peut se spécialiser en posturologie

Ainsi, de nombreux étudiants en formation de podologue ainsi que des pédicures-podologues diplômés s’intéressent à la posturologie et suivent une formation pour la pratiquer. D’ailleurs l’Ordre national des pédicures-podologues (ONPP) reconnait et accepte que ses membres mentionnent la posturologie comme formation complémentaire. Il peut s’agir d’un DU ou DUI de posturologie. En effet, le podologue est particulièrement concerné par les problématiques des troubles posturaux qu’il corrige déjà grâce aux semelles orthopédiques dans les cas de malformations ou déformations osseuses et articulaires (hallux valgus, quintus varus) et de tendinopathies.

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